Notes d’un petit fantôme de salon
« Je suis content qu’elle travaille de la maison.
Quand elle partait, avant, je l’attendais. Je guettais le moment du retour.
Maintenant, elle est là. Toute la journée.
Elle travaille dans le silence, parfois elle parle à son écran, elle boit du thé, elle pose ses chaussettes sur le radiateur.
C’est bien. Je crois qu’elle aussi se sent mieux.
Quand elle s’absente, c’est pour une promenade, un marché, ou voir une amie. Elle revient toujours. Je le sais parce que son pas est reconnaissable entre mille.
Il y a une façon d’être là sans faire de bruit, que je comprends très bien.
Elle aussi.
On se croise, tous les deux, dans ce silence habité.
Elle ne me voit pas. Mais parfois, elle lève les yeux, comme si elle sentait quelque chose.
Ce n’est pas grave si elle ne me voit pas. Elle me devine.
Et puis, même moi, parfois, je ne me sens pas exister très fort. Mais c’est suffisant. »
4e de couverture
Dans un salon simple, quelque part, une petite carafe d’eau attend sur une table, son bouchon de liège posé avec soin.
Depuis toujours, il est là.
Une présence minuscule. Invisible.
Un souffle qui veille sur le fil discret des gestes quotidiens.
Il ne cherche rien.
Il ne possède rien.
Il accompagne, il observe.
Il apprend l’art du peu, la lenteur, la beauté des silences habités.
Ce journal est celui de ce petit fantôme de salon.
Un témoin humble et tendre, qui nous rappelle, mieux que quiconque, que l’essentiel ne tient qu’à un fil, à un souffle, à la lumière d’un instant.
